À l’occasion de son 20e anniversaire, le Conseil de contrôle des renseignements relatifs aux matières dangereuses (CCRMD) a formé un groupe de personnes ayant joué un rôle important dans l’histoire de cet organisme afin de discuter de la croissance et de l’évolution du Conseil.
David Bennett, ancien membre du bureau de direction (représentant du CTC, représentant du SIMDUT)
Yves Brissette, président actuel du bureau de direction du CCRMD David Curley, agent de contrôle au CCRMD
Gordon Lloyd, vice-président, Affaires techniques à l’Association canadienne des fabricants de produits chimiques, membre du bureau de direction (fournisseurs)
Weldon Newton, ancien directeur général du CCRMD David Sheppard, spécialiste principal à la retraite des Affaires environnementales et réglementaires à 3M, ancien membre du bureau de direction (employeurs)
Larry Stoffman, directeur de la santé et sécurité au Syndicat des travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce, membre du bureau de direction (travailleurs)
Sharon A. Watts, directrice générale et première dirigeante du CCRMD
Q : Rappelez-vous les débuts du Conseil. Pourquoi le CCRMD a-t-il été formé et quel était son objectif à l’origine?
David Sheppard : Lors de la création du CCRMD, nous cherchions à concilier le droit des travailleurs, de connaître les dangers liés aux substances qu’ils manipulent, et le droit des entreprises de protéger leurs secrets commerciaux. Le CCRMD a été mis sur pied afin de trouver un équilibre entre ces deux aspects qui au départ semblent contradictoires. Historiquement, le Conseil a fait la preuve que ces deux aspects peuvent être conciliés. Le CCRMD est unique : il n’existe aucun autre organisme similaire dans le monde.
Q : L’une des principales caractéristiques du CCRMD est son modèle tripartite. En quoi cette structure a-t-elle joué un rôle important dans l’évolution du Conseil?
Yves Brissette: La coopération entre les représentants des gouvernements, du secteur du travail et de l’industrie est l’une des forces du Conseil. En 2006, lorsque le Conseil a été invité à se présenter devant un comité permanent du Sénat pour répondre à des questions portant sur la Loi régissant le CCRMD, les sénateurs étaient surpris par le consensus entre les différents membres du Conseil et se sont montrés impressionnés par nos réalisations.
Q : Pourquoi deviez-vous vous présenter devant le comité permanent du Sénat? Pourquoi la Loi était-elle évaluée?
Gordon Lloyd : Il s’agissait du point culminant du projet de renouvellement du mandat du Conseil et il était extrêmement important d’apporter une nouvelle orientation. Le directeur général et premier dirigeant, Weldon Newton, avait rédigé l’avant-projet de renouvellement.
David Sheppard : Weldon était devenu directeur général et premier dirigeant en 1998 et favorisait une nouvelle approche qui permettrait de résoudre les problèmes et de réformer le Conseil.
Q : Weldon, quels étaient les obstacles à surmonter pour donner un nouveau souffle au Conseil?
Weldon Newton : Le défi consistait à regagner la confiance des intervenants de l’industrie et du personnel du CCRMD. Le facteur humain fut la clé de la réussite de notre transformation. En effet, notre équipe a été en mesure de retrouver son énergie et de mettre l’accent sur le changement. Nous avons également pu compter sur un engagement à toute épreuve de la part du Conseil et des intervenants qui croyaient au mandat initial du Conseil.
Q : Quelles sont les principales améliorations apportées au fonctionnement du Conseil?
David Sheppard : Il s’agit sans aucun doute des changements apportés au processus d’appel. Dans les années 1990, des méthodes de résolution parallèles étaient fréquemment utilisées et le processus d’appel était considéré en dernier recours. À l’époque, le CCRMD recevait entre 8 et 10 demandes d’appel chaque année. En 2008, le Conseil a reçu sa première demande d’appel en 8 ans.
Larry Stoffman : Le traitement des demandes en arriéré représente une autre amélioration considérable. Depuis son entrée en fonction en 2007, la directrice générale et première dirigeante Sharon Watts a poursuivi les projets de renouvellement et a mis en place plusieurs méthodes novatrices visant à harmoniser les activités et à réduire les coûts.
David Curley : Jusqu’à la fin des années 1990, les demandeurs étaient avisés de l’état de traitement de leur demande jusqu’à cinq ans après l’envoi de celle-ci. Cette situation a changé depuis 2000. Aujourd’hui, le processus est beaucoup plus transparent et permet aux demandeurs d’être impliqués beaucoup plus tôt.
Sharon Watts : Les améliorations apportées à nos processus nous permettent de résoudre les différends de façon plus efficace et à un coût moindre pour les deux parties. Par conséquent, les travailleurs reçoivent plus rapidement l’information nécessaire à leur sécurité, ce qui est avantageux pour tous.
Q : Notre rapport annuel met l’accent sur l’innovation. Comment le Conseil a-t-il adopté de nouvelles méthodes de fonctionnement ou influencé positivement quant aux pratiques au sein de l’industrie?
Gordon Lloyd : Le CCRMD comprend l’importance de la coopération avec l’industrie. La collaboration entre les différents intervenants fait partie de notre culture et a souvent permis de cibler les problèmes et d’apporter des solutions.
David Bennett : Le Conseil est une organisation au mandat public très ciblé. Tout en respectant son mandat, le Conseil a adopté une approche novatrice dans l’amélioration de ses ressources et du processus d’évaluation des fiches signalétiques (FS).
Larry Stoffman : La vitesse de réaction du CCRMD pour aviser les travailleurs et les employeurs canadiens de problèmes sérieux touchant la précision des fiches signalétiques a amené plusieurs organisations à porter une attention particulière à la qualité de leurs renseignements.
Q : Avez-vous un commentaire final à formuler à propos du Conseil, de son mandat continu et de l’organisation en général?
Yves Brissette : Le CCRMD est très respecté par le Conseil du trésor pour ses efforts visant à améliorer son recouvrement des coûts, à miser sur la technologie pour traiter les demandes de façon plus efficace et à faire progresser ses pratiques en matière de dotation pour éliminer les demandes en retard.
Larry Stoffman : Le professionnalisme du CCRMD et la passion de ses membres dans la poursuite du mandat de l’organisme sont sans égal.
David Curley : Les demandeurs de partout au Canada et aux États-Unis ont mentionné qu’ils aimeraient que leur organisme régional soit aussi ouvert, coopératif, compréhensif et transparent que le CCRMD.
David Bennett : Le CCRMD remplit une mission sociale importante avec beaucoup d’efficacité.
Sharon Watts : Nous nous engageons à renouveler régulièrement nos pratiques afin de demeurer à l’avant-garde. Ainsi, nous pourrons continuer de remplir notre mandat et de promouvoir le système canadien de sécurité et de santé au travail comme modèle d’excellence au niveau international.